La belle rentrée des classes du cinéma français
Par Julien Hairault, le 4 octobre 2008 2008 - automne - 11:58
Motivé par la victoire au box office d’Entre les murs sur Faubourg 36 lors de la première semaine d’exploitation de ces deux films, un retour s’impose sur les bonnes performances des films français dans les salles de l’hexagone au mois de septembre, dont la locomotive se nomme Parlez-moi de la pluie.

Les chiffres parlent, laissons les parler ! Surtout qu’ils sont une fois n’est pas coutume en faveur de David contre Goliath.

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Ainsi Entre les murs, la très belle Palme d’Or de Laurent Cantet, a battu Faubourg 36, le nouveau film rétro de Christophe Barratier, dont le premier effort (Les Choristes) avait réunit les foules en 2006. Sur le papier, la lutte était inégale. Les deux films sortis le 24 septembre dernier, n’avaient pas la même visibilité. 368 copies d’Entre les murs circulaient pendant cette première semaine (suffisant néanmoins pour être vu partout, des multiplexes aux salles de province), contre 594 pour Faubourg 36. Autrement dit : une vraie démonstration de force qui allait de paire avec la stratégie commerciale et publicitaire du film, qui entend bien surfer sur le succès des Choristes, et le (mauvais) goût des français pour ce genre de productions réactionnaires.

Aussi, vous ne serez pas choquer de lire que nous sommes contents qu’Entre les murs ait mieux marché que son rival, dont le potentiel commercial paraît dix fois plus important au premier abord, et celui artistique cent fois moins séduisant ! Oui nous nous réjouissons du bon démarrage de notre Palme française (447 015 entrées France en sept jours, contre 438 976 pour le film de Barratier). Mais nous savons aussi que ce succès n’est pas si surprenant que cela tout compte fait. D’abord, parce que comme on l’a dit, une diffusion en première semaine sur 368 écrans, c’est déjà l’assurance d’être visible sur tout le territoire. Ensuite parce que le film, depuis son sacre à Cannes, n’a eu de cesse de créer la polémique (vaine selon nous) autour de l’éducation nationale et de sa représentation à l’écran. Quand on sait que les enseignants forment une bonne partie du public cinéphile français, on pouvait se douter que celui-ci vienne en découdre avec le film directement dans les salles, très vite après sa sortie. De même que les ados, collegiens ou non, ont on l’espère franchit les portes des cinémas pour aller découvrir ce beau film qui parle d’eux. Ainsi, Entre les murs a eu les honneurs d’une couverture médiatique riche et variée, chaque hebdomadaire y allant de son dossier spécial au sujet du film, parfois en tombant dans le hors-sujet le plus caricatural. Non, Laurent Cantet n’a pas voulu faire passer de messages dans son film ! Dommage qu’une grande partie des commentateurs ne savent pas lire dans le film autre chose qu’une critique de l’Education Nationale, ou pire parfois, un éloge de nos cancres d’ados.

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En une semaine donc, Entre les murs et Faubourg 36 ont reçu la visite à eux deux de près de 900 000 spectateurs, auxquels il faut ajouter les 650 000 de Parlez-moi de la pluie, obtenus sur quatorze jours (le film de Jaoui étant sorti une semaine plus tôt, le 17 septembre, sur 466 écrans). Le cinéma français a donc le vent en poupe lors de cette rentrée. Parlez-moi de la pluie a pour lui un casting au poil, mené par le toujours populaire duo Jaoui/Bacri, et la présence au générique du non moins fameux Jamel Debbouze. Pourtant, ce score est le moins bon réalisé par la cinéaste, dont Le Goût des autres avait dépassé les 3 500 000 entrées au final, et Comme une image 1 500 000 (dont 1 000 000 en deux semaines, avant une sacrée chute). Rares sont les cinéastes français à pouvoir, surtout en trois films, compter sur une base de fidèles aussi importante. Si l’on peut douter, comme on l’a fait, des qualités de son cinéma, il n’empêche qu’Agnès Jaoui a trouvé une recette qui marche auprès du public, et ce, sans pour autant vendre son âme à des standards cinématographiques commerciaux et bien-pensants.

Enfin, bien loin de ces résultats mirobolants, notons la bonne tenue de La Belle personne, qui en deux semaines et sur 57 copies, à regroupé pas loin de 50 000 spectateurs. On en espère bien plus pour le magnifique film de Christophe Honoré.

- Lire l’analyse critique de Entre les murs
- Lire l’analyse critique de Parlez-moi de la pluie
- Lire l’analyse critique de La Belle personne

Images : © Haut et Court (Entre les murs) © StudioCanal






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

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Retrouvez également Vodkaster - Le blog de la cinéphilie 2.0



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